Les publicitaires de l'art
reçu de :Michel Thion
La Ville de Lyon recrute, dans une annonce du journal "Le Monde", un
"responsable du marketing" de sa Bibliothèque publique, au profil
"Bac+5, école de commerce". Il sera notamment chargé de : "identifier les
publics et les prescripteurs, valoriser l'action de la bibliothèque et
élaborer une stratégie orientée services".
Après le débat du 20 septembre à La Villette sur la marchandisation de la
Culture, cette formulation a de quoi laisser songeur.
Rappelons que la municipalité de Lyon est dirigée par une équipe d'union de
la gauche, avec un maire socialiste.
"L'art n'est pas une marchandise," disions-nous, et les gens de gauche
d'opiner du bonnet.
Cependant ils utilisent sans vergogne le vocabulaire le plus éculé du
commerce privé pour développer ce fleuron des politiques publiques
qu'est la lecture, justement, publique.
Les mots ont un sens.
Le marketing est une technique qui consiste à détecter les goûts supposés du
public pour l'inciter à consommer toujours plus de
marchandises. Il suppose et il appelle une masse amorphe de consommateurs
décérébrés, auxquels on fera avaler n'importe quel déchet
industriel, du rasoir à 12 lames à la débile lingette qui nettoie tout, même
les consciences.
L'action artistique et culturelle s'adresse à des individus sensibles et
pensants, citoyens adultes ou en devenir, dans une relation d'égalité et
de confiance. Elle convoque et suscite la curiosité, le désir du savoir, le
goût de l'inconnu, le questionnement, l'inquiétude, et non
l'endormissement sur un tas d'ordures, objectif majeur des publicitaires.
Le marketing impose l'abrutissement, l'action artistique et culturelle vit
dans le respect.
La Ville de Lyon a récemment recruté à grands frais un "directeur de
l'événementiel" chargé de saupoudrer de paillettes, à intervalles
réguliers, les rues de la ville. Dans le même temps elle asphyxie avec nulle
suavité de petites compagnies qui font depuis longtemps un travail
en profondeur, dans une précarité totale, pour faire partager aux citoyens
les créateurs de l'art contemporain.
Abandon du travail de fond, qui ne rapporte pas d'image, arrosage massif des
institutions de prestige, budgets bien gras pour des
"événements" sans ancrage dans les pratiques et sans lendemain, paillettes
partout, pensée nulle part, telle est la politique culturelle d'une
grande ville de gauche.
Les bibliothécaires devront-ils faire des stages de "merchandising" et de
"packaging" ?
Les compagnies théâtrales devront-elles découper Bond, Visniec, Bernard
Noël, Carole Fréchette et les autres en confettis qu'ils jetteront aux
spectateurs et que les services du nettoiement pourront, le lendemain,
balayer à l'égout ?
Les élaborateurs des musiques nouvelles devront-ils, pour vivre, aller jouer
la lambada dans les rues pour ranimer la "fête des lumières" ?
C'est pour demain, si le marketing l'exige.
Gouvernés par une envie dévorante de notoriété vide de sens, aveugles et
sourds aux causes profondes de l'échec du 21 avril, radicalement
coupés des sources de la vie artistique, la gauche se réfugie ici dans une
vision crétinisante de la "com".
À trop regarder la télévision, on pue des yeux.
La droite arrose d'argent les institutions patrimoniales de prestige et
laisse crever les artistes. La gauche n'a-t-elle que la promotion des
supermarchés d'une culture qu'elle imagine populaire à y opposer, ou bien
sommes-nous pris en tenaille entre deux sortes de mises à mort,
deux techniques de disparition programmée ? L'asphyxie par raréfaction de
l'atmosphère ou l'enfouissement sous les scories ?
Si nous n'avons le choix pour faire vivre l'art qu'entre Fauchon et
Carrefour, nous refusons de choisir entre ces deux morts.
L'art est une force de vie.
Nous descendrons dans la rue pour partager le festin de l'art vivant avec
nos frères contemporains, nous les questionnerons sur le monde et
nous les entendrons.
Nous nous mettrons avec eux à la table de la réflexion jubilatoire, pendant
que les politiques publiques de la culture se gaveront de
sondages, d'études de marché, de retours d'images, de logos et d'angoisses
électorales
François Cavanna disait ; "la publicité vous prend pour des cons, la
publicité rend con".
Le marketing est l'âme vivante de la publicité. Pour les artistes, il n'est
qu'un étron sur lequel ils évitent de poser le pied.
Michel Thion
Article issu de Libération
Streetwear à Tokyo

Mercredi 9 juillet 2003
Mercredi, dans une rue de Tokyo. Deux employés d'une compagnie de publicité japonaise se sont coiffés des «casques TV» diffusant des publicités pour les produits de Suntory. Le grand producteur des boissons du Japon a décidé de recourir à ses hommes-sandwiches nouvelle manière afin de promouvoir ses produits dans les lieux publics.
Merci Katherine
jeudi 12 décembre 2002, 14h30
Plainte contre les vacheries faites aux laitières de Californie
LOS ANGELES (Reuters) - L'organisation de défense des animaux Peta (People for the Ethical Treatment of Animals) a porté plainte pour publicité mensongère contre la campagne des producteurs de lait californiens mettant en scène des vaches heureuses gambadant dans une prairie verdoyante.
La Peta s'insurge contre le slogan "Le meilleur fromage vient de vaches heureuses. Les vaches heureuses viennent de Californie" et demande la suspension de ce slogan diffusé depuis deux ans, qu'elle juge trompeur, et que l'association trouve inapproprié au regard des conditions de vies des vaches laitières.
Pour étayer son argumentaire, Matthew Penzer, avocat de la Peta, a présenté au juge de la cour supérieure de San Francisco un ensemble de photos montrant des vaches piétinant dans la boue et les excréments, les pis distendus et entassées les unes sur les autres dans leurs étables.
La Californie est le deuxième état américain producteur de fromage avec 1,6 milliards de livres par an, derrière le Wisconsin.
"(Ils) essaient de donner l'impression que le secteur laitier prend soin de ses vaches alors qu'en fait il repose sur la souffrance à grande échelle", a déclaré Penzer au sujet d'une campagne aux nombreux produits dérivés: cartes postales, T-shirts et marionnettes parlantes.
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